Le pouvoir socialiste peut se réjouir d’avoir réussi à détourner l’attention sur la situation économique et sociale gravissime de notre pays en rallumant la guerre scolaire avec l’enseignement catholique en marge du mariage gay.

Quel que soit le succès de la manifestation des opposants au « mariage pour tous », la clé du débat se situe sur le terrain juridique.

En l’état, la proposition 31 du programme de François Hollande d’ouverture du droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels s’est trouvée de fait validée par l’élection présidentielle et confirmée par les élections législatives donnant une majorité pour adopter un texte en ce sens.

Seul le recours au référendum souhaité par une majorité de Français selon un récent sondage ouvrirait la porte à un débat national. L’UMP par la voie de plusieurs parlementaires s’est enfin décidée à présenter à l’Assemblée Nationale une motion référendaire lors de l’ouverture de la discussion sur le projet de loi.

Le passage en force auquel veut procéder François Hollande est attentatoire aux convictions d’une grande partie de nos concitoyens.

Un débat éclairant sur les conséquences d’une telle réforme sociétale, qui ne se limite pas au seul aspect de l’union de deux personnes mais qui aura des conséquences sur le droit de la famille et la filiation, sanctionné par un vote des Français aurait le mérite d’une décision nationale.

Le Chef de l’Etat s’honorerait de l’engager mais ses atermoiements trahissent un embarras grandissant face à un engagement de campagne dont il n’avait pas envisagé les développements actuels. Les contre-feux allumés par ses ministres et ses parlementaires ne font que renforcer la détermination des tenants d’un vrai débat national.

Il appartiendra demain à une nouvelle majorité de donner la parole aux Français qui auront été privés de se prononcer sur ce changement sociétal fondamental.

Si un retour en arrière est souvent jugé impossible, on peut relever l’exemple de la Cour Suprême des Etats-Unis qui a décidé de réexaminer en 2013 la légalité du mariage homosexuel.

Une nouvelle fois, exigeons le référendum, mais ne nous laissons pas enfermer dans cette stratégie de détournement de l’attention, salvateur pour le pouvoir socialiste