La fuite en avant, telle semble être la ligne d’action de la dernière année de mandature de Bertrand Delanoë.

Des attributions des buvettes et animations des berges rive gauche de la Seine afin de rendre son projet irréversible pour la prochaine majorité municipale, à son revirement cautionnant le choix gouvernemental de la place Vauban contre le Conseil de Paris unanime de l’implantation place de Fontenoy d’un monument à la mémoire des militaires morts en opérations extérieurs, le Maire de Paris déploie une énergie sans limite pour plaire à ses amis politiques et avant tout au Président de la République et au Gouvernement.

Son dernier fait d’arme pour tenter de décrocher un portefeuille ministériel en 2014 ou avant, sa décision d’engager la ville de Paris à appliquer la réforme des rythmes éducatifs dès la rentrée 2013.

Alors que nombres de villes, Lille et Lyon parmi les grandes métropoles, ont décidé en application du décret du 24 janvier 2013 de reporter d’un an cette réforme compte tenu des difficultés de mise en œuvre, Bertrand Delanoë jouant les bons élèves, ce que n’a pas manqué de relever Le Ministre de l’Education Nationale, vient de décider seul contre l’avis général de tous les intervenants.

Et pour ne pas risquer une dérobade de dernière minute des élus de sa majorité, il embarque dans sa décision habillée en Vœu cosigné à la séance du Conseil de Paris de lundi dix de ses adjoints et tous les maires d’arrondissement de gauche.

19 « considérants » tentent d’étayer cette décision allant jusqu’à déformer la réalité comme la référence à « l’ampleur de la concertation menée auprès des Parisiens » dont il se garde bien de préciser l’hostilité manifestée lors de chacune des réunions.

Que dire également du dialogue interrompu avec les directeurs d’écoles mis devant le fait accompli.

Que dire du cynisme du vœu « de titularisation de 450 agents contractuels dès 2013 » alors que le Maire de Paris a le pouvoir d’y procéder de sa propre autorité . Siégeant au Conseil de l’Ecole Las Cases, j’ai pu mesurer les difficultés de mise en place de cette réforme dans la précipitation en l’absence de réponses précises apportées aux interrogations de la communauté éducative (directeur, enseignants, personnels de la ville) et des parents d’élèves.

Il est tout à fait regrettable que pour des considérations politiciennes l’école se retrouve déstabilisée à la rentrée de septembre, déstabilisation dont les enfants seront au final les victimes.

13 ans de mandature socialiste à Paris, une équipe municipale à bout de souffle conduite par un Maire préoccupé par son avenir.

Une Première Adjointe chargée de défendre aux municipales de 2014 un bilan en trompe l’œil. Paris mérite mieux que cela.

Il nous appartient de proposer en 2014 une autre politique aux parisiens.