Notre ville est-elle passée cette semaine au plus près d’une crue majeure de la Seine ?

Une pluviométrie exceptionnelle en amont de la région, des nappes phréatiques reconstituées, les 4 lacs réservoirs en capacité de conservation maximum : Il n’en fallait guère plus pour, à la suite d’autres villes, craindre le pire.

Quelques jours supplémentaires de fortes pluies auraient suffit.

Paris aura heureusement été épargné des conséquences d’une telle catastrophe.

Les journaux y ont consacré quelques articles, les informations télévisées ont diffusé les images rassurantes d’employés de la RATP procédant à l’obstruction d’ouvertures des galeries du métro ou celles d’employés du Louvre procédant à l’évacuation d’œuvres d’art.

Dormez tranquille, les autorités veillent !

Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer les ravages d’une crue rapportés aux désordres d’un simple dégât des eaux dans une habitation ou dans un local professionnel.

Une crue centennale de la Seine est une probabilité certaine.

Elle aura des conséquences importantes pour près de 3 millions de personnes dont 70% d’habitants de Paris et de la petite couronne, plus de 170.000 entreprises, et aura un impact de plusieurs semaines sur l’activité de toute la région. Ses répercussions économiques se feront sentir à l’échelle nationale.

Les estimations des dommages en résultant montent à quelques 20 milliards d’euros pour les dommages directs et autant pour les dommages indirects. Une étude vient d’ailleurs d’ être lancée en partenariat avec l’OCDE afin d’estimer plus finement les conséquences socio-économiques d’une telle catastrophe et proposer les mesures d’atténuations ; ses résultats seront présentés au 1e semestre 2014.

Peut-on espérer que cette alerte fasse réfléchir les autorités et au premier chef le Maire de Paris sur la nécessité de lancer la construction du 5e ouvrage de retenue d’eau , celui de la Bassée pour éviter l’effet de concomitance d’une crue de la Seine et de l’Yonne.

La ville de Paris qui finance la moitié de l’Institution Interdépartementale des Barrages Réservoirs du Bassin de Seine refuse jusqu’à maintenant de s’engager dans ce projet estimé à 500 millions d’euros.

Certes un tel équipement n’aurait comme vocation qu’une ou deux utilisations par siècle.

Certes son coût peut paraitre exorbitant en période de crise.

Mais engager quelques centaines de millions d’euros pour éviter demain quelques dizaines de milliards d’euros de dommages sans évoquer les vies humaines pouvant être perdues, c’est faire une politique de prévention.

Siégeant au Conseil d’Administration de cette Institution, je suis particulièrement sensibilisé à ce risque volontairement sous-estimé par l’exécutif parisien.

Je m’emploierai au cours de la prochaine mandature à convaincre mes collègues de la nécessité de prendre la décision de financement de ce projet et de renforcer les mesures de prévention afin de limiter autant que possible les conséquences dramatiques d’une telle crue pour notre Capitale et ses habitants.